Publié : 30 avril 2015

Anne-Laure, Orlane

Dans le cadre du projet “3 for 1 goal. Der soziale Tag”, nous avons effectué avec l’ensemble de la classe européenne allemand une journée sociale collective au Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile (CADA) de Vernon. Durant cette visite, nous avons pu échanger avecle personnel de la structure, qui nous ont expliqué le fonctionnement de l’établissement et la procédure de demande d’asile. Nous avons ensuite eu la possibilité d’échanger avec les résidents du foyer qui ont accepté de nous raconter leur histoire.
Après la présentation de la structure, nous avons donc eu la chance de pouvoir discuter avec des demandeurs d’asile par petits groupes. C’est ainsi que nous avons rencontré Claudine.
Claudine vient de la République Démocratique du Congo. Elle est mariée et a 4 enfants. Elle était infirmière et a toujours eu l’habitude d’aider les autres, chose qui lui manque en France car elle ne sait pas comment et ne peut pas se rendre utile. Avec son mari, ils ont ouvert un commerce et avaient 2 maisons. Ils faisaient donc beaucoup d’aller retour. Mais ils ont été accusés de trafic d’arme alors qu’ils étaient innocents. Le mari de Claudine a été déporté vers l’Angola. Elle ne se sentait plus en sécurité dans son pays et avait peur d’être arrêtée. Elle part pour la France, où elle arrive le 7 juin 2013. Ses enfants sont restés au Congo avec de la famille. Elle n’a plus aucune nouvelle de là-bas depuis qu’elle est arrivée en France.
Un homme l’a déposée à la gare Paris Saint-Lazare, mais il lui a volé tout son argent. Elle est hébergée pendant 4 jours chez un couple mais il y a vite un problème avec la femme. Elle est ensuite hébergée pendant un mois chez une femme qui a deux enfants. Mais Claudine tombe malade et la femme lui demande de repartir pour ne pas contaminer ses enfants. Elle est ensuite hébergée plusieurs mois dans un logement d’urgence du 115. S’ensuivent des cohabitations avec des gens qu’elle ne connait pas, notamment avec des hommes qui abusent d’elle. Elle arrive ensuite au CADA, où elle a une chambre individuelle et donc plus d’intimité, elle est moins stressée. Elle attend la réponse de l’OFRA. Cette attente est difficile pour elle car elle n’a aucune nouvelle de sa famille, elle n’a jamais eu l’habitude de ne rien faire et elle est obligée de se conformer à tout ça. Claudine a laissé toute sa vie au Congo pour venir en France et maintenant, elle va être obligée de repartir de rien, du début. Si elle obtient son statut, elle voudrait se reformer pour le métier d’infirmière et essayer de faire venir sa famille.
Pendant cet échange, plus elle parlait, moins on savait ce qu’on devait lui dire et comment on devait réagir. C’était troublant. Il y avait aussi le réflexe de se dire que ça ne pouvait pas être vrai, tellement c’était terrible, mais avec un peu de recul, on peut juste se dire qu’elle avait une lourde histoire pas facile à porter, et finalement, à part l’admirer, on ne pouvait pas faire grand chose d’autre.

Impressions d’Orlane sur cette rencontre :
Lorsque Claudine nous raconta tout ça, elle ne parlait pas très fort, il fallait que l’on se concentre pour entendre son récit et on voyait sur son visage la tristesse. Parfois sa voix tremblait et les larmes lui montaient aux yeux. Cette rencontre fut très poignante et intéressante. On ne se doute pas que de telles choses peuvent arriver et à quel point elles sont proches de nous. Je pense aussi qu’elle fut peut être heureuse de nous raconter son histoire, d’échanger avec nous car elle reçoit peu de visite au centre. Ce fut réellement une bonne expérience.

COMPTE RENDU CADA (allemand)

Claudines’ Geschichte
Wir haben Claudine getroffen. Sie kommt aus dem Kongo. Sie ist verheiratet und hat fünf Kinder. Vor ihrer Flucht war sie Krankenschwester. Aber sie und ihr Mann wurden des Waffenhandels verdächtigt.Tatsächlich gigt es einen Bürgerkrieg im Kongo. Sie war seit einem Jahr in Frankreich aber sie war im CADA erst seit 2 Monaten. Bevor sie nach Vernon kam, hatte sie viele Menschen getroffen, bei denen sie untergebracht war. Aber sie hat auch auf der Strasse gelebt.

Claudines’ Gefühle
Jetzt hat sie keine Neuigkeiten von ihrer Familie. Dazu hat sie kein Recht zu arbeiten. Sie kann nur auf die Genehmigung des Asylverfahrens warten. Dieses Verfahren ist sehr lang. Sie hat nicht viel Geld und deshalb ernährt und kleidet sie sich bei der Secours populaire. Sie würde gerne arbeiten und wenn es möglich ist, beabsichtigt sie eine Ausbildung zur Krankenschwester. Der Alltag ist sehr langweillig für sie.

Unsere Eindrücke
Wir haben gemerkt, dass sie sehr traurig war und dass ihr auch ihre Familie fehlte. Sie hat viele grauenhafte Erfahrungen durchgemacht und wir wissen nicht, was wir für sie machen können. Wir wussten nichts vom Schicksal dieser Menschen.
Es war eine markante menschliche Begegnung.