Publié : 30 avril 2015

Simon et Colin

Pour la deuxième partie de notre visite, nous nous sommes divisés en groupes afin de rencontrer les demandeurs d’asile. Le fait que nous n’étions que deux dans notre groupe a facilité la prise de parole et la proximité. Nous avions auparavant rédigé des questions en classe, mais dès que nous avons interrogé notre interlocuteur sur son prénom, Dila, nous a raconté tout son parcours jusqu’à ce jour. La discussion était donc fluide et les rares questions que nous posions étaient spontanées. C’était très agréable de faire une vraie conversation plutôt qu’un enchaînement de questions-réponses. Au cours de l’entretien, nous avons remarqué que Dila ressentait le besoin de raconter ce qu’il avait vécu. Nous avons ainsi appris qu’après avoir quitté son pays d’origine, la République Démocratique du Congo, il s’était réfugié en Angola et avait travaillé en tant que technicien électrique pour des chercheurs de diamants, avant de rejoindre la France à Caen. Il a choisi ce pays car il parlait un peu le français et car la France est un modèle de liberté pour lui. A son arrivée en Europe, il a tenté de prendre contact avec sa femme, mais les parents de celle-ci refusaient de lui dire où elle était, car Dila étant recherché, il aurait pu la mettre en danger. Finalement, il a réussi à la retrouver, ainsi que deux de ses fils, au CADA, après avoir vécu sans abri à Caen, tout en prenant des cours de français. Son troisième fils est cependant toujours en RDC. Il est depuis sans nouvelle du reste de sa famille, restée là-bas. Il sait cependant que sa mère et son frère ont subi des persécutions. Même s’il désire retourner chez lui, cela lui est impossible pour l’instant : sa maison était un lieu de réunion politique, et un commando d’une quinzaine de personnes est venu l’arrêter, mais il a réussi à s’enfuir à temps, aidé par des gens de son quartier. Nous avons remarqué qu’il était assez engagé politiquement : en effet, il a profité du sommet de la francophonie en Afrique où s’est rendu le Président de la République F.Hollande pour manifester contre le pouvoir en RDC, peu à l’écoute de ses citoyens. Il nous a par exemple raconté que, dans son quartier, la voirie n’était pas du tout entretenue. Cependant, face aux protestations des habitants, le pouvoir a répliqué par des menaces.
Aujourd’hui, Dila cherche du travail, mais n’en trouve pas. Nous lui avons demandé s’il sortait beaucoup en ville, mais il nous a répondu qu’il n’avait rien à y faire, en citant un adage de chez lui : « il ne sert à rien de traverser la rivière si tu n’as rien à faire de l’autre coté ».
En conclusion, cette rencontre nous a fait beaucoup réfléchir, nous pensons qu’elle nous a été bénéfique en nous faisant prendre du recul. Nous avons tout deux été impressionnés par le passé de cet homme. De plus, nous avons découvert un lieu dont nous ne soupçonnions même pas l’existence à Vernon. Notre visite du centre a fait l’objet d’un article dans le Démocrate Vernonnais, où l’on peut lire l’interview de Romain et d’Alexane, et où peut voir un photographie de Dila et de notre groupe.